SFO LIVE 2026 EAO : actualités en neuro-ophtalmologie, illustrées de cas cliniques
Dimanche 10 mai – salle 153 – 9h-10h15
Intervenants :
– Pr Dan MILEA : Analogues des GLP1 en ophtalmologie : amis ou ennemis ? GLP1 et NOIA
– Pr Valérie TOUITOU : Analogues des GLP1 en ophtalmologie : amis ou ennemis ? GLP1 et NOIA
– Dr Natalia SHOR / Dr Federico MAESTRI : Progrès de l’imagerie en neuro-ophtalmologie : state of the art et cas de la vraie vie ! Pour l’artérite à cellules géantes
– Dr Natalia SHOR / Dr Thomas SALES DE GAUZY : Progrès de l’imagerie en neuro-ophtalmologie : state of the art et cas de la vraie vie ! Pour les NORB
Résumé par le Dr Vanessa Takou Tsapmene, Ophtalmologiste/Attachée de recherche clinique, Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild
Pr Dan MILEA : Analogues des GLP1 en ophtalmologie : amis ou ennemis ? GLP1 et NOIA
Les agonistes des GLP1 bien connus dans le traitement du diabète, ont vu leur indication évoluer comme moyen thérapeutique de l’obésité, avec une incidence plus élevée aux USA où 6-12% des adultes diabétiques sont sous GLP1. En France, il a été rapporté qu’en 2022, 626 000 patients étaient sous GLP1 et il s’agissait principalement de patients diabétiques.
Rétrospectivement, quelques auteurs ont retrouvé des associations plutôt divergentes entre les analogues des GLP1 et la survenue de la NOIAA chez les patients diabétiques (augmentation de l’incidence de NOIAA, pas d’augmentation d’incidence de NOIAA, réduction du risque de NOIAA). Bien que cette incidence pourrait doubler, la NOIAA reste rarissime (2/10.000) et unilatérale (85%). Devant cette causalité possible mais non démontrée à ce jour, l’attitude thérapeutique serait de protéger la vie avant de protéger la vue.
Pr Valérie TOUITOU : Analogues des GLP1 en ophtalmologie : amis ou ennemis ? GLP1 et NOIA
L’HTIC est une pathologie en augmentation et intimement liée à l’obésité qui constitue un problème de santé publique. Le traitement de fond est la perte de poids, les traitements médicaux et chirurgicaux constituant des mesures adjuvantes.
Les études actuelles portant sur les effets des analogues des GLP1 chez les patients diabétiques présentent certaines limites (rétrospectif, codage diagnostique imparfait, hétérogénéité des traitements, confusion possible entre HTIC idiopathique et autres céphalées).
Des essais cliniques prospectifs sont nécessaires pour définir la place des analogues des GLP1 dans l’arsenal thérapeutique de l’HTIC. Ils pourraient être utilisés en prévention (chez les patients sous des traitements prédisposant à une prise de poids rapide) ; en 1ère ligne à la place ou en plus de l’acétazolamide ; en 2ème ligne chez les patients ne répondant pas à l’acétazolamide ; ou comme mesure adjuvante.
Dr Natalia SHOR / Dr Federico MAESTRI : Progrès de l’imagerie en neuro-ophtalmologie : state of the art et cas de la vraie vie ! Pour l’artérite à cellules géantes
En clinique et en imagerie à propos de la NOIA artéritique :
- Tout signe visuel transitoire (diplopie, BAV, CMT) devrait faire rechercher une maladie de Horton
- La PAMM* (Paracentral Acute Middle Maculopathy) est un signe OCT retrouvée dans les cas de NOIA artéritique et devrait pousser vers une investigation neuro-radiologique plus approfondie
- Une forte suspicion de Horton à l’échographie des artères temporales ou à l’IRM des gros vaisseaux peut être suffisante pour confirmer le diagnostic, à défaut de la BAT qui était le gold standard
- En IRM, la NOIA en aigu ne présente ni d’anomalie de signal ni de prise de contraste pathologique en rétrobulbaire
- La PDC (prise de contraste) pathologique intéresse la gaine du nerf optique > la graisse intraconique > le nerf optique et le chiasma
- Outre les artères temporales, d’autres branches vasculaires peuvent présenter une PDC pathologique notamment les branches de l’artère carotide externe, mais aussi l’artère occipitale
- Chez les patients à haut risque cardiovasculaire, l’IRM « dédié » montre une meilleure précision diagnostique de la maladie de Horton comparativement à l’échographie doppler et est donc à privilégier
* PAMM signifie Paracentral Acute Middle Maculopathy. C’est un signe OCT correspondant à une ischémie des couches moyennes de la rétine, en particulier au niveau de la couche nucléaire interne (INL en anglais), liée à une atteinte du plexus capillaire intermédiaire et profond. Sur l’OCT, on observe typiquement : une bande hyperréflective au niveau des couches internes moyennes de la rétine ; puis, secondairement, un amincissement/atrophie de l’INL. La PAMM n’est pas une maladie en soi, mais un marqueur d’ischémie rétinienne. On peut la voir dans : les occlusions vasculaires rétiniennes ; l’hypoperfusion sévère ; certaines rétinopathies ischémiques ; et dans les NOIA artéritiques (neuropathies optiques ischémiques antérieures artéritiques), où il témoigne d’une atteinte ischémique associée de la circulation rétinienne. En pratique : dans une suspicion d’artérite à cellules géantes, la présence d’une PAMM à l’OCT peut renforcer l’idée d’une ischémie oculaire diffuse sévère, au-delà de la seule atteinte du nerf optique. On considère souvent la PAMM comme l’équivalent OCT d’un infarctus des couches moyennes rétiniennes.
Dr Natalia SHOR / Dr Thomas SALES DE GAUZY : Progrès de l’imagerie en neuro-ophtalmologie : state of the art et cas de la vraie vie ! Pour les NORB
Concernant la NORB :
Devant une BAV associée à une atteinte chiasmatique à l’imagerie, la recherche des Anticorps doit être systématique dans la recherche étiologique de la névrite optique.
Une PDC du nerf optique en aigu concomitante à la BAV est en faveur d’une névrite optique.
Une BAV rapidement progressive et douloureuse doit faire rechercher systématiquement une névrite optique même chez des patients âgés.
Le nerf optique est devenu en 2025 la 5e localisation validante pour la dissémination spatiale (critères diagnostiques de la SEP) sous certaines conditions : l’IRM « dédiée » à la visualisation des nerfs optiques avec une atteinte démyélinisante typique = névrite optique aiguë « typique ».
3 drapeaux rouges doivent suspendre la validation du nerf optique comme localisation contributrice à la dissémination spatiale :
- Atteinte longue : plus de 50% de la longueur du nerf (recherche MOGAD)
- Atteinte centrée sur le chiasma (recherche AQP4)
- La périnévrite qui est la PDC aberrante de la gaine du nerf optique et/ou de la graisse (recherche MOGAD)





