SFO 2026 LIVE – Décompression orbitaire dans l’orbithopathie dysthyroïdienne : paroi latérale vs paroi inféro-médiale, quelle stratégie privilégier ?
Présenté par Constant Lacroix
Sopref – Samedi 9 mai 2026 9h10
Résumé par Rougyatou Koulibaly, CHU de Poitiers
Il s’agit d’une étude bicentrique entre Nice et Nancy, recueillant 45 chirurgies de décompression orbitaire afin d’évaluer quelle stratégie privilégier entre la décompression orbitaire par voie latérale ou par voie inféro-médiale dans l’orbithopathie dysthyroydienne(OD). On estime que 5% des OD nécessiteront une décompression orbitaire.
La décompression consiste à retirer une ou des parois osseuses (une à trois parois) ainsi que de la graisse orbitaire, afin d’agrandir la cavité osseuse et permettre ainsi un recul du globe oculaire. Il n’existe pas de consensus international sur la technique à adopter cependant les deux principales techniques utilisées sont la décompression par voie latérale et par voie inféro-médiale.
La voie inféro-médiale consiste en une résection du plancher médial et de la lame papyracée. C’est une technique simple et rapide, qui ne nécessite pas d’équipement spécifique, avec une bonne réduction de l’exophtalmie. En revanche, elle ne convient pas à tous les patients car elle nécessite une anatomie adaptée, notamment au niveau des sinus, et on dénote historiquement 20 à 50% de diplopie de novo. Cependant, la préservation du pont osseux (strut-sparing) ramène ce taux à 5-10% dans les séries modernes.
La voie latérale consiste en une résection sphénoïdale associée à une ablation transitoire + repose du cadre orbitaire latéral. Cette technique à l’avantage d’offrir une bonne réduction de l’exophtalmie et un faible pourcentage de diplopie de novo (~3%). Néanmoins, elle nécessite du matériel spécifique (fraise diamantée, ostéotome…) et il s’agit d’une technique exigeante et chronophage, avec un risque d’atteinte de l’étage moyen de la face.
Le critère de jugement principal était la réduction de l’exophtalmie à 3 mois et 1 an. Les critères de jugement secondaires étaient la diplopie et les complications péri-opératoires.
Les résultats montrent une meilleure réduction de l’exophtalmie par voie latérale à 3 mois (-4mm versus -3.1mm), avec une différence qui se lisse à 1 an.
Ceci pourrait s’expliquer par la redistribution du tissu adipeux résiduel dans l’espace sinusien jusqu’à 1 an par voie inféro-médiale. On note par ailleurs dans cette étude que les patients ayant bénéficié d’une décompression par voie inféro-médiale étaient plus volontiers en phase inflammatoire. Il peut donc y avoir un mécanisme de diminution de l’inflammation, qui peut continuer à perdurer jusqu’à 1 an.
Concernant la diplopie, on note 0% de diplopie de novo dans la voie latérale versus 5.9% (soit 1 cas) dans la voie inféro-médiale.
Il n’y a pas de différence significative entre les deux techniques sur les complications péri-opératoires.
En résumé, la paroi latérale offre une meilleure réduction de l’exophtalmie tout en diminuant les risques de diplopie de novo, avec un taux de complications similaire à la voie inféro-médiale, mais avec une difficulté opératoire plus importante.
Cela dit, il reste toutefois préférable d’adapter la chirurgie au cas par cas, en prenant en compte l’anatomie du patient, et les capacités logistiques et chirurgicales de l’opérateur. Finalement, la vraie question n’est peut-être pas de choisir entre ces deux techniques, mais de savoir laquelle proposer, à quel patient et à quel moment.





