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Intervention du Pr Isabelle Audo : Essais thérapeutiques dans les dystrophies rétiniennes
Samedi 9 mai 2026
Résumé par Gabriel Hallali, CHNO des Quinze Vingts
La professeure Isabelle Audo a profité de son intervention dans le cadre de la SGOF pour faire le point sur les essais thérapeutiques en cours dans les dystrophies génétiques rétiniennes.
À ce jour, le Luxturna (thérapie génique ciblant le gène RPE65) reste le seul médicament sur le marché. Il constitue un succès médical certain. Les études de phase IV ont cependant mis en évidence ses limites : certains patients développent une atrophie maculaire secondaire, probablement liée à la technique d’injection sous-rétinienne.
De nouveaux vecteurs, comme l’AAV.SPR développé par Atsena, sont en cours d’évaluation. Leur capacité de diffusion vers le pôle postérieur à partir d’une injection en périphérie rétinienne représente une avancée technique significative. Les résultats obtenus dans le rétinoschisis lié à l’X sont encourageants.
Pour les maladies dont le gène causal est trop volumineux pour être incorporé dans un vecteur viral classique, comme dans la maladie de Stargardt avec le gène ABCA4 ou le syndrome de Usher, plusieurs stratégies sont explorées en parallèle. L’édition d’ARN par excision d’exons mutés (Ascidian/ACDN-01, étude STELLAR) ou les approches pharmacologiques avec l’emixustat, un inhibiteur de RPE65 (essai de phase 3, Belin Bio) sont les approches les plus prometteuses.
Les oligonucléotides antisens constituent une autre piste : il s’agit de courtes séquences d’ARN synthétique. En se fixant sur l’ARN messager pathologique, les oligonucléotides permettent de corriger ou de neutraliser l’effet d’une mutation sans modifier l’ADN. Les résultats sont contrastés. Certains essais ont été interrompus avant de reprendre sous une forme modifiée. L’espoir est toujours là.
Enfin, les approches dites gène-indépendantes ouvrent des perspectives pour les stades avancés de maladie rétinienne. Il s’agit d’une approche de restauration visuelle indépendante du remplacement du gène causal de la maladie. Deux grandes approches sont en cours d’évaluation : l’optogénétique et la thérapie cellulaire. L’optogénétique (KIO-301/Kiora, SPVN20/SparingVision) vise à restaurer une phototransduction dans les cônes dormants, quelle que soit la mutation sous-jacente. La thérapie cellulaire par cellules souches iPSC (BlueRock/Bayer, étude CLARICO en phase I) vise à apporter des précurseurs de photorécepteurs.
Bien que le développement de toutes ces nouvelles thérapies soit parsemé d’embûches et de rebondissements, l’espoir est permis pour nos patients.





