Symposium AbbVie — EURETINA 2026
Par le Dr Isabelle Aknin, présidente de l’ARMD
On sait qui sponsorise : AbbVie, le laboratoire d’Ozurdex. Mais la question posée mérite qu’on s’y arrête : anticiper la récidive avec la dexaméthasone ?
1- Premier rappel : l’OMD n’est pas qu’une histoire de VEGF.
L’inflammation participe aussi aux dégâts. Et l’OCT mérite mieux qu’un verdict « sec ou pas » : foyers hyper-réflectifs, désorganisation des couches internes et intégrité des photorécepteurs apportent des informations complémentaires.
Les analyses présentées par Ursula Schmidt-Erfurth, utilisant l’IA pour quantifier ces biomarqueurs, associent la persistance du liquide à une dégradation structurelle et à de moins bons résultats visuels. Le troisième mois apparaît comme un moment clé pour réévaluer la réponse.
Ces données restent exploratoires : elles ne constituent pas encore un choix automatique de traitement
2- derrière un OMD, il peut s’en cacher …4
Un OCT épais ne suffit pas à décrire un OMD. Et les points hyper-reflectis sont variables.
En effet, classification récente identifie 4 types de HRF :
- Vasculaires : coupes transversales de vaisseaux rétiniens.
- Exsudatifs : amas d’exsudats durs.
- Pigmentés : amas hyperréflectifs près de l’EPR.
- Inflammatoires : caractéristiques spécifiques (taille < 30 microns, réflectivité similaire à la couche des fibres nerveuses, sans ombre portée).
Et c’est pas tout.
Sur plus de 2 300 yeux, Marco Lupidi et le consortium italien ont utilisé l’IA pour identifier 4 phénotypes
- Phénotype 1 : quantité limitée de fluide, principalement dans le millimètre central.
- Phénotypes 3 et 4 : grande quantité de fluide impliquant toute la zone maculaire et nombre élevé de HRF.
- Phénotype 4 : stade le plus avancé, avec fluide abondant, décollement neurosensoriel séreux et dommages sévères à la MLE et à la ZE.
Du liquide limité au centre jusqu’à un œdème diffus, avec décollement séreux et atteinte des photorécepteurs : même étiquette « OMD », mais pas le même tableau. L’acuité visuelle diminue progressivement d’un profil à l’autre. (De 1 au 4)
Et pour choisir le traitement ? Une analyse post hoc d’essais comparant dexaméthasone et ranibizumab suggère un avantage du DEX dans certains profils associant de nombreux foyers hyper-réflectifs à un œdème important ou à une altération de la membrane limitante externe.
L’idée : regarder quel OMD on traite, plutôt que seulement combien de microns il mesure. Prometteur pour personnaliser nos choix, mais ces résultats doivent encore être validés prospectivement.
3- La dexamethasone en proactif
Laurent Kodjikian a ensuite défendu une approche proactive de l’implant de dexaméthasone.
Dans l’étude rétrospective PROACT, le passage du PRN à un traitement anticipant la récidive était associé à un meilleur résultat visuel : +3,7 lettres pendant la période proactive, contre +0,6 pendant la période PRN. Avec davantage d’injections, un nombre de visites similaire et sans différence significative de pression intraoculaire entre les périodes. La surveillance de la tension et de la cataracte reste nécessaire.
L’étude prospective LOADED évaluera une induction par deux implants, à l’inclusion puis à trois mois, suivie d’un PRN. Résultats à venir.
À retenir : une rétine qui regonfle régulièrement mérite qu’on revoie sa stratégie. HRF et OMD: la preuve par 4
Le calendrier doit s’adapter au patient… pas l’inverse.





