SFO LIVE 2026 – Conférence-débat. La surveillance des patients glaucomateux : quels outils en 2026 ?
Dimanche 10 mai – Amphithéâtre bleu/ 14h30-15h45
Résumé par le Dr Vanessa Takou Tsapmene, Ophtalmologiste/Attachée de recherche clinique, Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild
Quizz : Pr Antoine LABBE, Pr Jean-Rémi FENOLLAND, Pr Laurent APTEL
Le CV est-il toujours l’examen clé pour le suivi du patient – Pr Jean-Marie GIRAUD
OUI, le CV c’est ce que le patient voit. Le CV identifie la menace fonctionnelle, quantifie la menace et précise l’évolution d’un déficit.
Examen clé pour le diagnostic si interprété attentivement (Figure 1)
Les bonnes indications du CV central :
- 24-2 : en préopératoire en cas d’anomalies à l’OCT de la région centrale, de menace du point de fixation, devant l’apparition de nouveaux symptômes et signes (BAV, éblouissement, hémorragies papillaires), grand déséquilibre de la PIO
- 10-2 : en cas de glaucome avancé, de déficit périphérique complet
Le CV est également un examen clé pour le suivi des patients avec des analyses de progression (analyse de tendance et d’évènement).
Il est recommandé d’effectuer 6 examens du CV les 2 premières années : du fait de la courbe d’apprentissage du patient, pour constituer une bonne base de données initiale, et pour détecter les progresseurs rapides (> -2db/an).
Le CV doit toujours être interprété dans son contexte avec l’appui de la clinique, de l’imagerie OCT, IRM et des explorations neuro-physiologiques.

Figure 1
Comment optimiser en pratique l’utilisation de l’OCT pour le suivi des patients – Pr Jean-Rémi FENOLLAND
L’OCT ne doit pas remplacer l’examen clinique complet du patient, ni le suivi en périmétrie. Il reste indispensable pour un examen de la structure objectif, quantitatif et très hautement reproductible.
En pratique, l’optimisation de l’OCT consiste en :
- Optimiser les acquisitions : Expliquer l’examen au patient, réaliser une bonne acquisition (rapport signal-bruit (SNR) le plus élevé souhaitable), être capable de détecter une erreur d’acquisition ou de segmentation, connaître les particularités liées aux amétropies importantes, faire attention aux faux positifs et faux négatifs
- Optimiser le diagnostic : analyse RNFL, analyse de la TNO, analyse du BMO (Bruchs Membrane Opening) avec l’appareil Spectralis, analyse maculaire (complexe cellulaire ganglionnaire maculaire). Toute asymétrie est suspecte de glaucome et le meilleur paramètre de performance diagnostique est le RNFL moyen > RNFL inférieur > RNFL supérieur > RNFL inféro-temporal (7h ou 5h)
- Optimiser la prise en charge : corrélation structure fonction avec certains appareils
- Optimiser le suivi : analyse de progression très importante dans les formes débutantes à modérées
Quid de l’OCTA et glaucome ? Très bonne corrélation OCT structure et OCTA, mais pas de supériorité OCTA vs OCT, ni de différence angiogramme GPN vs GPAO. L’intérêt de l’OCTA est physiologique à travers la visualisation de la microvasculature rétinienne et choroïdienne. Les MvD (choroidal microvasculature dropout) en OCTA sont associés aux déficits périmétriques paracentraux et sont des facteurs de risque de progression.
Le suivi de l’AIC : comment faire – Dr Hélène BRESSON-DUMONT
L’examen de l’AIC (Angle Irido Cornéen) est indispensable pour le diagnostic de la forme clinique et donc guide la prise en charge thérapeutique, et est nécessaire pour le suivi. Le suivi de l’AIC se fait en 2026 par la gonioscopie, avec en complément l’imagerie (OCT et UBM). Cette gonioscopie est à renouveler périodiquement.
L’OCT est didactique, et permet la mesure de la flèche cristallinienne qui a un intérêt dans la chirurgie du cristallin.
L’UBM permet une analyse dynamique de l’iris et surtout permet de comprendre le mécanisme de l’angle étroit.
Le suivi de la chirurgie du glaucome est fait avec la gonioscopie associée à l’OCT et à l’UBM.
Comment évaluer l’observance du traitement médical et l’améliorer – Pr Florent APTEL
Les études montrent un taux de non-observance de 44% chez les patients glaucomateux avec comme facteur de risque les hommes et patients recevant plus de 4 instillations/jour (Figure 2). Les motifs donnés par les patients : absence de symptômes liés à la maladie, oublis, fréquence des effets secondaires, indisponibilité des médicaments, incapacité d’instiller les gouttes.
L’observance peut être évaluée à partir du carnet rempli par les patients, l’interview des patients, par le médecin ou par le flacon moniteur électronique. Certains effets indirects comme l’hyperhémie conjonctivale, pas de baisse de PIO chez des patients sous bi ou trithérapie, pas de tampons de délivrance de médicaments par la pharmacie au verso de l’ordonnance permettent de renseigner sur l’observance.
L’optimisation de l’observance du patient : privilégier les collyres non conservés en monothérapies ou en combinaisons fixes. À l’avenir, des objets connectés en cours de développement permettront de suivre à distance en temps réel l’observance du patient. À ce jour, il existe une méthode mécanique moins coûteuse et plus simple qui pourrait avoir un intérêt dans le suivi de l’observance. Il s’agit d’un anneau à mettre autour du collyre avec les jours de la semaine et le nombre de fois par jour à faire avancer par le patient après chaque prise (Figure 3).
L’instillation du collyre est également un axe important dans le suivi de l’observance des patients. D’où l’intérêt de montrer, d’éduquer et de vérifier l’instillation des collyres par le patient et/ou son entourage.

Figure 2

Figure 3
Les éléments essentiels du suivi des patients opérés de chirurgie filtrante – Pr Antoine LABBE
Le succès de la chirurgie du glaucome commence une fois le geste chirurgical terminé. L’explication aux patients de l’importance du suivi post-opératoire est primordiale. La surveillance des chirurgies filtrantes va dépendre de la phase précoce et de la phase tardive.
Les 4 éléments importants du suivi sont : la PIO, l’aspect de la bulle (test à la fluoréscéine), l’aspect et la profondeur de la chambre antérieure (gonioscopie) et le fond d’œil.
Les règles simples pour le quotidien :
- Surveillance à vie
- Toujours regarder la bulle avec de la fluorescéine
- En cas d’hypertonie : recherche de l’obstacle par la gonioscopie
- En cas d’hypotonie : rechercher la fuite
- Ne pas reprendre trop tôt un traitement médical : gérer la bulle





