SFO LIVE 2026 – Sopref – Utilisation du tocilizumab dans les orbithopathies inflammatoires : à propos de deux cas atypiques. Par Manon Ortoli.
Session du samedi 9 mai 2026 8h45
Résumé par Rougyatou Koulibaly, CHU de Poitiers
Le tocilizumab est un anticorps monoclonal dirigé contre l’interleukine 6 (IL6), une cytokine pro-inflammatoire. Il est utilisé depuis de nombreuses années, par voie intraveineuse ou sous-cutanée, dans le traitement des maladies auto-immunes et inflammatoires, dont l’orbithopathie de Basedow.
Le premier cas présenté concerne une patiente de 74 ans, monophtalme droite sur un glaucome sévère, présentant une maladie associée aux IgG4*, avec une masse orbitaire droite d’évolution rapide. Face à l’antécédent de glaucome sévère, le tocilizumab a été préféré au traitement habituel par corticoïdes/rituximab. On note une efficacité clinique et radiologique très rapide.
Le deuxième cas traite d’une patiente de 53 ans souffrant d’une orbithopathie de Basedow sévère avec compression nerveuse. La patiente initialement traitée par bolus de corticoïdes, teprotumumab et décompression orbitaire, a finalement reçu un traitement d’entretien par tocilizumab. L’évolution était nettement favorable durant plusieurs mois, jusqu’à l’apparition d’une dégradation clinico-radiologico-biologique. Un dosage des anticorps anti-tocilizumab a été réalisé et est revenu positif avec un taux résiduel sanguin du traitement indétectable, expliquant l’acquisition de la résistance.
En conclusion
Le tocilizumab est un traitement efficace en 1re ligne dans les orbithopathies inflammatoires, qui s’explique par la présence de récepteurs à l’IL6 au niveau des lésions inflammatoires. Son utilisation pourrait être élargie notamment aux orbithopathies idiopathiques ou à la maladie associée aux IgG4. Cependant, il existe des cas de résistance au traitement qu’il faudra savoir évoquer en cas de rechute clinique.
* La maladie associée aux IgG4 est une affection inflammatoire systémique rare pouvant toucher de nombreux organes, notamment l’orbite et les glandes lacrymales. En ophtalmologie, elle peut se manifester par des masses orbitaires inflammatoires d’évolution parfois rapide, qu’il faut traiter rapidement à cause des risques de compression, pouvant mimer une pathologie tumorale ou un lymphome. Le diagnostic repose sur l’imagerie et surtout l’analyse histologique avec mise en évidence d’un infiltrat riche en plasmocytes IgG4+. Les corticoïdes constituent le traitement de première ligne, avec un recours possible aux immunosuppresseurs





