ASRS LIVE > Chirurgie vitréorétinienne : ce qu’il faut retenir
Cette année met en lumière plusieurs complications parfois sous-estimées de la chirurgie vitréorétinienne et apporte des données utiles pour affiner nos pratiques.
Par le Dr Isabelle Aknin, présidente de l’ARMD
Le laser prophylactique des palissades n’est pas anodin (Marta Stevanovic). Une vaste étude de Harvard montre qu’il est associé à un risque multiplié par 2,5 de membrane épirétinienne (MER), avec un risque absolu supplémentaire d’environ 9 % à 10 ans. Ces résultats invitent à réserver le traitement prophylactique aux indications réellement justifiées.
Après chirurgie d’un décollement de rétine macula-on, il ne faut pas trop attendre pour peler une membrane épirétinienne symptomatique (Paul de Bustros). Les patients opérés dans les six premiers mois obtiennent une meilleure récupération visuelle finale que ceux opérés entre 6 et 12 mois, suggérant une véritable fenêtre thérapeutique.
L’œdème maculaire cystoïde après chirurgie de MER reste fréquent (Libby Wei), touchant près d’un tiers des patients. L’injection peropératoire de triamcinolone ne diminue pas son incidence, mais semble en retarder l’apparition et réduire le recours aux injections secondaires. Chez les patients phakes, elle pourrait toutefois accélérer la cataracte.
L’endophtalmie après vitrectomie est exceptionnelle mais redoutable (Matthew Starr). Dans le registre IRIS (plus de 1,2 million de vitrectomies), elle survient le plus souvent une dizaine de jours après l’intervention. Malgré le traitement, 16 % des yeux évoluent vers une énucléation ou une éviscération, soulignant la gravité de cette complication, et l’importance d’un suivi au cours des 10 premiers jours postopératoires.
La phacovitrectomie combinée (cataracte + vitrectomie le même jour) augmente le risque de décollement de rétine postopératoire par rapport à une chirurgie séquentielle (Charles Zhang) (3,2 % vs 0,7 %), sans bénéfice clair sur les autres complications. Le choix d’une chirurgie combinée doit donc être bien pondérée.
Enfin, chez les patients opérés pour maculopathie de traction myopique, environ 12 % développent une atrophie maculaire dans les trois ans (Taku Wakabayashi), avec un impact majeur sur la vision. Les principaux facteurs de risque sont une choroïde très amincie, la présence d’une néovascularisation myopique et la survenue d’un trou maculaire ou d’un décollement de rétine postopératoire.
En résumé
Cette session rappelle que la réussite anatomique ne suffit pas. Le choix des indications (laser prophylactique, chirurgie combinée), le timing de la chirurgie et la prévention des complications postopératoires sont déterminants pour optimiser le résultat visuel à long terme.





