MEWDS (Multiple Evanescent White Dot Syndrome) : quand l’uvéite postérieure joue les caméléons
Consensus et innovations en imagerie
Le MEWDS, ou Syndrome des Points Blancs Évanescents Multiples, est une uvéite postérieure aussi discrète qu’énigmatique. Bien que bénigne et auto-limitée, son diagnostic précis reste un défi clinique. Grâce aux travaux de la Task Force MUV, les ophtalmologistes disposent désormais de critères d’imagerie standardisés pour identifier cette pathologie et éviter les erreurs diagnostiques. Enjeux, outils et recommandations,
Une uvéite fantôme
Le MEWDS (Syndrome des Points Blancs Évanescents Multiples) est une uvéite postérieure auto-limitée, si discrète qu’elle disparaît presque spontanément en 2 à 3 mois, avec un pronostic visuel excellent (95% des patients récupèrent une acuité visuelle ≥ 20/25). Pourtant, son diagnostic précis reste un défi : comment la distinguer des autres uvéites non infectieuses ?
La Task Force MUV (Multimodal Imaging in Uveitis), un groupe d’experts internationaux, a planché sur des critères d’imagerie standardisés pour lever le voile sur ce syndrome énigmatique. Leurs recommandations, publiées dans l’American Journal of Ophthalmology en 2025, offrent une feuille de route claire pour les cliniciens
L’arsenal d’imagerie : six techniques clés pour un diagnostic précis
Pour traquer le MEWDS, la Task Force MUV recommande une approche multimodale, combinant 6 techniques d’imagerie pour identifier ses signatures caractéristiques :
- OCT (Tomographie par Cohérence Optique) : 100% d’accord des experts – Essentiel pour visualiser la disruption de la zone ellipsoïde/interdigitation et l’hyper-réflectivité rétinienne externe.
- Autofluorescence (FAF) : 97,4% d’accord – Les points hyper-autofluorescents sont idéaux pour le suivi des lésions.
- Rétinographie : 94,7% d’accord – Documentation précise des lésions rétiniennes.
- Angiographie à la Fluorescéine (AGF) : 89,5% d’accord – Mise en évidence des motifs typiques en « couronne ».
- Angiographie au Vert d’Indocyanine (ICGA) : absence d’hypofluorescence précoce, un critère clé pour écarter d’autres choriorétinopathies.
- OCT-Angiographie (OCTA) : préservation du signal, utile pour différencier le MEWDS des autres pathologies rétiniennes.
Bonus diagnostique : L’absence d’hypofluorescence précoce en ICGA et la préservation du signal en OCTA aident à écarter d’autres choriorétinopathies, comme les birdshot ou la choriorétinopathie serpigineuse.
Pourquoi le MEWDS est-il l’uvéite « qu’on aime (presque) ? »
- Auto-limitée : Résolution spontanée en 2 à 3 mois, sans traitement nécessaire.
- Pronostic visuel excellent : 95 % des patients récupèrent une acuité ≥ 20/25.
- Unilatérale et discrète : Inflammation vitréenne et antérieure minimale.
- Peu de récidives : Rares et sans gravité.
- Pas de dégâts structurels : Atteinte limitée à la rétine externe, avec récupération ad integrum.
Le mot d’ordre : « Surveiller, mais ne pas s’affoler ! »
Take-home message
Le MEWDS, c’est l’uvéite qui fait son cinéma : elle apparaît, elle disparaît, et tout finit bien ! Avec l’OCT et l’autofluorescence comme duo gagnant, les ophtalmologistes disposent désormais d’outils fiables pour confirmer le diagnostic et assurer un suivi optimal.
Référence
Munk MR, Stillenmunkes R, Tillmann A, et al. Evidence and Consensus Based Imaging Guidelines in Multiple Evanescent White Dot Syndrome. Am J Ophthalmol. 2025;278:191-202. PMID: 40571046





