Inhibiteurs du complément dans la DMLA atrophique : sommes-nous prêts ?
Présentation de Elisabetta Pilotto
Résumé par le Dr Aliénor Vienne-Jumeau, MD, PhD, Ophthalmologist at Cochin and Quinze-Vingts Hospital, Paris – Clinical Investigation Centre 1423 DGOS-INSERM Quinze-Vingts Hospital – Centre Borelli, UMR 9010
Ce dimanche à Floretina, le Dr Elisabetta Pilotto a proposé une mise au point essentielle sur l’avenir des thérapeutiques anti-complément dans la forme atrophique de la DMLA. Alors que les premiers traitements ciblant C3 et C5 ont récemment atteint la pratique clinique, la question reste entière : sommes-nous réellement prêts ?
Un phénotypage précis : la clef avant tout
Le Dr Pilotto a insisté sur un message fondamental : la qualité du phénotypage conditionne l’efficacité clinique. Les études et l’expérience post-AMM montrent que tous les patients atteints de DMLA atrophique ne répondent pas de la même façon aux inhibiteurs du complément. Identifier les profils les plus susceptibles de bénéficier de ces traitements – morphologie des lésions, vitesse d’évolution, biomarqueurs OCT, présence éventuelle d’inflammation – devient indispensable avant même d’envisager une prescription.(Thiele et al. 2021)

Quatre patients, quatre évolutions différentes. Adapté de Thiele et al.
Faut-il poursuivre le développement des anti-compléments ?
La présentation rappelle que le système du complément joue un rôle complexe : protecteur, régulateur, parfois délétère. Les inhibiteurs C3 et C5 ont ouvert la voie, mais d’autres cibles émergent : facteur B, facteur D, properdine, voire des stratégies combinées.(Vienne-Jumeau et al. 2025; Lai et al. 2024)
L’avenir réside probablement dans une médecine de précision, associant imagerie avancée, génétique et données longitudinales pour adapter la thérapie anti-complément au profil individuel du patient.(Csaky et al. 2024)
Vers une nouvelle ère thérapeutique
Cette présentation souligne un moment charnière : la DMLA atrophique, longtemps sans solution, entre dans une phase d’innovation rapide. Cependant, l’enthousiasme doit s’accompagner d’une maîtrise rigoureuse des indications et d’une compréhension fine de la physiopathologie.
En conclusion, la question « Sommes-nous prêts pour les anti-compléments ? » appelle une réponse nuancée : oui, si nous savons sélectionner les bons patients ; non, si nous voulons appliquer ces traitements sans phénotypage adapté. L’avenir se construira autour de cette exigence de précision.
Références
Csaky, Karl G, Jason M L Miller, Daniel F Martin, and Mark W. Johnson. 2024. “Drug Approval for the Treatment of Geographic Atrophy: How We Got Here and Where We Need to Go.” American Journal of Ophthalmology 263 (July): 231–39. https://doi.org/10.1016/j.ajo.2024.02.021.
Lai, Eric, Timothy Lee, Claire Lee, and Sidney A Schechet. 2024. “New Horizons in Geographic Atrophy Treatment: Enthusiasm and Caution Surrounding Complement Inhibitors.” BMJ Open Ophthalmology 9 (1): e001854. https://doi.org/10.1136/bmjophth-2024-001854.
Thiele, Sarah, Jennifer Nadal, Maximilian Pfau, et al. 2021. “Prognostic Value of Intermediate Age-Related Macular Degeneration Phenotypes for Geographic Atrophy Progression.” The British Journal of Ophthalmology 105 (2): 239–45. https://doi.org/10.1136/bjophthalmol-2020-316004.
Vienne-Jumeau, Aliénor, Elodie Bousquet, and Francine Behar-Cohen. 2025. “Complement System Modulation in Age-Related Macular Degeneration: Navigating Failures, Building Future Successes.” Current Opinion in Immunology 96 (October): 102616. https://doi.org/10.1016/j.coi.2025.102616.





