Révolution de la télésurveillance rétinienne : l’apport de l’OCT à domicile
Présentation par Anat Lowenstein
Résumé par le Dr Aliénor Vienne-Jumeau, MD, PhD, Ophthalmologist at Cochin and Quinze-Vingts Hospital, Paris – Clinical Investigation Centre 1423 DGOS-INSERM Quinze-Vingts Hospital – Centre Borelli, UMR 9010
Vendredi 5 décembre 2025. L’OCT constitue aujourd’hui l’un des piliers du diagnostic et du suivi des pathologies rétiniennes chroniques, et en particulier de la DMLA. L’émergence de dispositifs d’OCT à domicile ouvre désormais la voie à un nouveau modèle de suivi, plus continu, plus personnalisé et potentiellement plus efficace.
Au-delà de la simple acquisition d’images, les systèmes d’OCT à domicile s’appuient sur des algorithmes d’intelligence artificielle capables d’analyser automatiquement les volumes maculaires, de détecter la présence de liquide intrarétinien ou sous-rétinien, et de signaler toute réactivation suspecte.
Ce niveau de surveillance rapprochée transforme l’approche du clinicien : au lieu de décisions fondées sur des visites espacées, il devient possible d’intervenir plus tôt, ou au contraire d’espacer les injections lorsque la maladie reste stable.
Les données issues des premiers essais cliniques montrent un haut niveau d’adhésion des patients, avec des acquisitions régulières — en moyenne 5.7 fois par semaine — et une qualité d’image suffisante pour guider la décision thérapeutique. Cette télésurveillance rétinienne continue permet d’affiner considérablement les schémas de traitement anti-VEGF, en identifiant de véritables périodes de quiescence, mais aussi des réactivations très précoces, souvent avant qu’elles ne deviennent symptomatiques. L’OCT à domicile contribue à alléger la charge des centres spécialisés, tout en améliorant le confort des patients âgés ou à mobilité réduite, pour lesquels les visites fréquentes constituent une contrainte majeure. En combinant analyse automatisée, suivi longitudinal dense et alertes cliniques ciblées, cette approche préfigure une nouvelle organisation des soins, davantage centrée sur le patient et véritablement proactive.

La réussite de l’OCT à domicile repose toutefois sur l’existence d’un centre de surveillance dédié : ce centre distribue les appareils, assure leur installation, accompagne les patients dans leur utilisation, centralise et stocke les images, et transmet des alertes aux cliniciens dès qu’une anomalie est détectée. Cette organisation garantit la continuité du suivi et la fiabilité des données, tout en renforçant la sécurité clinique.
À terme, l’intégration de ces dispositifs pourrait transformer la prise en charge de la DMLA exsudative, mais aussi d’autres maladies rétiniennes chroniques nécessitant une surveillance rapprochée. L’OCT à domicile s’inscrit ainsi comme un outil clé de la médecine personnalisée en ophtalmologie, marqué par une évolution vers des parcours de soins plus flexibles, plus efficients, et mieux adaptés aux besoins individuels.





