D’après la communication « Longer durability new generation therapies for neovascular AMD » de Sandrine Zweifel, Euretina Session 2, jeudi 1er octobre 2026.
Au cabinet, nous regardons l’OCT, nous cherchons le liquide, puis nous jetons un œil à l’épaisseur centrale. Mais ce chiffre résume-t-il vraiment ce qui se passe dans la macula ?
Par le Dr Isabelle Aknin, présidente de l’ARMD
Pas suffisamment, selon les données présentées dans cette communication.
Avec le faricimab et l’aflibercept 8 mg, l’analyse des volumes par intelligence artificielle permet de décrire plus précisément la réponse anatomique. Et elle rappelle qu’une épaisseur et un volume de liquide sont deux informations différentes.
Des résultats anatomiques marqués chez les yeux naïfs
Le travail présenté analyse les OCT avant l’introduction d’un anti-VEGF de deuxième génération, puis jusqu’à douze mois, chez des yeux naïfs et des yeux ayant changé de traitement. L’IA quantifie les volumes en nanolitres, au-delà de la seule épaisseur du sous-champ central — le CST.
Chez les yeux naïfs, les réductions rapportées à douze mois sont importantes :
🥊 Attention : ces données proviennent de groupes distincts, sans comparaison directe. Elles ne permettent pas de désigner un vainqueur entre les deux molécules.
Ces pourcentages décrivent une diminution des volumes : −98 % de liquide ne signifie pas que 98 % des yeux sont secs.
Après un switch, la réponse est plus modeste
Chez les yeux switchés vers le faricimab, les diminutions sont d’environ 53 % pour les volumes de liquide intrarétinien et sous-rétinien, et de 24 % pour le DEP.
Pour l’aflibercept 8 mg, la communication rapporte également une réduction nettement plus faible chez les yeux switchés, sans chiffre précis dans les captures transmises.
Le constat est donc convergent : la réduction relative des volumes est plus importante chez les yeux naïfs. Cela ne suffit toutefois pas à conclure à un moindre intérêt du switch : les populations et leur situation initiale diffèrent.
Le chiffre qui bouscule notre lecture de l’OCT
Sur 1 339 scans, l’ERC n’explique qu’environ 30 % de la variabilité du volume de liquide intrarétinien et sous-rétinien dans le millimètre central. L’association est encore plus faible dans l’anneau périphérique de 3 à 6 mm… on va avoir clairement besoin de l’IA
Autrement dit, l’épaisseur centrale ne peut pas servir de substitut au volume de liquide. La quantité compte, mais sa localisation aussi. L’équipe prévoit d’intégrer davantage cette distribution spatiale dans ses prochaines analyses.
L’IA mesure, mais il faut encore regarder
La communication souligne les limites de la segmentation automatique, notamment pour distinguer certaines anomalies associées à l’atrophie d’un véritable liquide lié à l’activité néovasculaire.
En multicentrique, les protocoles de scan, le centrage et les données manquantes compliquent également l’analyse. Le contrôle qualité reste donc essentiel.
CONCLUSION
Les deux traitements permettent, selon la conclusion présentée, d’allonger les intervalles avec un bon profil de sécurité. Mais la fibrose et l’atrophie maculaire restent des évolutions redoutables
Nous apprenons à mieux mesurer l’assèchement. Reste à préserver durablement la rétine qui se trouve autour.

