la thérapie génique pour les nuls
Par le Dr Isabelle Aknin, présidente de l’ARMD
AAO 2026 – 1 – IRD selon la communication de Lejla Vajzovic
Vous vous êtes déjà demandé comment on faisait une injection sous-rétinienne ? Moi oui… réponse détaillée par Lajla Vajzovic.
La « bulle », c’est quoi ?
Le bleb est un décollement localisé et contrôlé de la rétine neurosensorielle, créé par l’injection de liquide entre la rétine et l’épithélium pigmentaire. Ce n’est pas une bulle d’air : le liquide contient le vecteur de thérapie génique.
1. Choisir la zone à traiter
- Définir la localisation de la bulle selon la maladie et les cellules ciblées.
- Décider, selon le protocole, si la bulle doit englober, ou non, la fovéa.
- Limiter l’étirement rétinien et le stress mécanique sur la fovéa, en injectant lentement et au bon endroit.
L’oratrice insiste sur la bulle comme traduction de l’administration du traitement : sa localisation et son étendue comptent, en plus de la dose de vecteur administrée.
2. Préparer et tester le système avant l’injection
- Charger le dispositif sans bulles d’air.
- Vérifier les connexions et les tubulures.
- Effectuer un test d’écoulement (le drip test) avant de travailler dans l’œil.
La préparation du produit et du circuit est présentée comme une étape essentielle.
3. Réaliser la vitrectomie et contrôler la périphérie
L’oratrice décrit une vitrectomie à trois voies, avec un colorant permettant une visualisation pour faciliter l’identification et la séparation de la hyaloïde postérieure.
Elle insiste ensuite sur l’examen soigneux de la périphérie et la prise en charge des lésions éventuelles avant de délivrer la thérapie.
4. Amorcer la bulle, puis ralentir son expansion
- Abaisser la pression intraoculaire pour faciliter l’introduction du liquide sous-rétinien.
- Réduire ensuite la vitesse d’injection à mesure que la bulle s’étend.
- Rechercher une séparation progressive, en limitant les contraintes hydrodynamiques.
- PIO : 10–15 mmHg. Pression maximale du dispositif d’injection : 10–14 psi.
Elle évoque aussi la possibilité d’un pré-bleb, avec du BSS, tout en indiquant préférer une injection directe.
5. Confirmer avec l’OCT peropératoire
C’est son outil de contrôle privilégié pour vérifier :
- que le liquide est sous la rétine, et non sous l’épithélium pigmentaire ;
- qu’il ne crée pas de rétinoschisis, c’est-à-dire une séparation intrarétinienne ;
- la géométrie et l’extension de la bulle.
Elle décrit également une estimation du volume délivré grâce aux outils développés dans son centre ; cette quantification dépend du système utilisé.
6. Terminer en limitant le vecteur ayant reflué
Dans la technique présentée, l’oratrice réalise un échange liquide–air pour éliminer autant que possible le vecteur échappé dans la cavité vitréenne, puis contrôle à nouveau la périphérie et ferme les sclérotomies.
À retenir : Préparer soigneusement, cibler juste, injecter lentement, contrôler à l’OCT.





