Avec des drusen, sur fond de CRSC ou sans signe de l’une ni de l’autre : la vasculopathie polypoïdale n’a pas toujours le même visage. Une étude néerlandaise remet un peu d’ordre dans nos images.
Par le Dr Isabelle Aknin, présidente de l’ARMD
Un patient présente une vasculopathie choroïdienne polypoïdale, mais derrière cette étiquette, observe-t-on toujours le même tableau ?
Une équipe néerlandaise a étudié rétrospectivement 332 yeux de 305 patients blancs, suivis dans 3 centres spécialisés.
Le diagnostic était confirmé par angiographie au vert d’indocyanine.
Deux évaluateurs ont relu l’imagerie multimodale : OCT, photographies du fond d’œil, angiographie à la fluorescéine et ICG.
1- Quatre profils sous la même appellation
Les auteurs ont pu classer 322 yeux ; dix restaient inclassables. Les pourcentages portent donc sur ces 322 yeux. Et ils ont différencié 4 terrains pour les polypes
Premier constat : dans cette cohorte, le profil associé à une DMLA avec drusen domine largement. La VCP ne se résume donc pas à sa forme associée à la CRSC.
2- Ce qui distingue les groupes
Les patients du groupe VCP-DMLA étaient plus âgés et plus souvent des femmes que ceux du groupe VCP-CRSC. La choroïde était significativement plus épaisse dans le groupe CRSC, sous la fovéa comme sous les lésions polypoïdales.
En revanche, compter les polypes ne permettait pas de départager les profils : la médiane était de deux lésions par œil, sans différence significative entre les groupes.
Les auteurs rapportent également une répartition des phénotypes différente de celle décrite dans les cohortes asiatiques. Une raison supplémentaire de regarder précisément les populations étudiées avant de transposer leurs résultats.
3- Et au cabinet, qu’est-ce que cela change ?
Cette étude invite à regarder le terrain autour du polype :
- les drusen,
- le réseau néovasculaire (the world famous Branching Neovascular Network)
- la choroïde et
- les signes de CRSC.
Le polype fait partie du diagnostic ; mais il n’est qu’un élément du tableau.
Faut-il pour autant choisir un traitement différent pour chaque profil ? Cette étude ne permet pas de le dire. Rétrospective et descriptive, elle ne compare pas les stratégies thérapeutiques et ne fournit pas de règle de switch des anti-VEGF.
Elle pose néanmoins une question stimulante :
regroupe-t-on sous le nom de VCP plusieurs processus qui finissent par se ressembler ?
Pour l’instant, 4 profils d’imagerie ne font pas 4 ordonnances.
Mais ils nous donnent une bonne raison de préciser le diagnostic avant de tirer des conclusions sur la réponse au traitement. Et ils nous donnent de nouvelles raisons de réfléchir
Référence : Sirks MJ, van Dijk EHC, Ghalayini H, et al. The Clinical Spectrum of Polypoidal Choroidal Vasculopathy in White Patients: A Retrospective Multicenter Cohort Study. Ophthalmology Retina. 2025;9(10):994–1004. doi: 10.1016/j.oret.2025.04.019.





